Sangha Bini
Description
C’est le premier barrage construit par l’association, et c’est sûrement celui qui donne le plus de satisfactions : retenue importante, influence nette du relèvement de la nappe phréatique sur plusieurs hectares à l’amont, mais aussi à l’aval, coût de construction faible, expérience humaine inoubliable lors des travaux de reconnaissance et de construction des fondations. Nous avions pris contact avec les villageois lors de la première mission de l’assocaition en novembre 2002. Le site paraissait difficile, vu le comblement de la gorge par un mélange de terre et de blocs rocheux. Les muscles des villageois creuseront une fouille de 8 mètres de profondeur (une quarantaine de volontaires, parmi lesquels, notre regretté Seydou, chef d’équipe efficace et courageux). Ce sont les conditions de sécurité dans la fouille et l’atteinte d’une zone de terre plutôt plus imperméable qui arrêteront le creusement en avril 2003.

C’est à ce moment qu’intervient notre précieux Issaka, maçon, constructeur de maisons en pierres de taille. Pas un mot de français. Toutes les consignes étaient traduites, en direct, par Seydou. Les sacs de ciment pour fabriquer le béton arrive « à tête d’homme » depuis le dépôt de la « Femme dogon », plus d’un kilomètre sans arrêts…. Le sable et le gravier : ce sont les écolières et les écoliers qui, eux aussi sur leurs têtes, à l’aide de récipients plus ou moins volumineux, les descendront depuis le plateau dans le thalweg accompagnés de cris, de rires, de chants, toujours goupés, au moins deux cents enfants !!!! Pendant ce temps, ce sont les femmes qui ravitaillent le chantier en eau, bien sûr, transport « sur la tête ». Emouvant ….tout çà ! Huit mètres cubes de béton mis en œuvre, à la main. Les coffrages sont fabriqués par le menuisier du village. Leur mise en place est une phase du chantier délicate : pas de pieds droits, pas de serre joints, tout est calé avec des rochers ou de la terre …. ou des morceaux de bois. Mais tout ce passe bien. Après la construction d’un « voile » béton de 6 m de hauteur et de 50 cm de large, une dalle de béton épaisse (90cm), ferraillée, de 2,50 mètres de large servira de fondation au barrage. Nous laisserons Issaka et Seydou tous seuls pour finir la construction.
Le corps de celui ci est constitué de deux murs de pierres de taille perpendiculaires ou rives, dont l’espacement est rempli de béton « cyclopéen » (c’est à dire du béton dans lequel sont jetés des blocs de pierres d’environ 5 à 10 litres de volume), constituant des marches de un mètre de hauteur, de plus en plus étroites en allant vers le haut, le parement amont étant vertical. C’est Issaka, le maçon, qui assurera la construction, avec la mise en place d’un conduit métallique servant de dispostif de vidange de la retenue, au cas où … Les quatre premières « marches » du barrage sont finies en juin 2003 !
Etant donné le bon comportement du barrage lors de la première saison des pluies, il sera surélevé de un mètre dès l’année suivante, en même temps que le confortement de l‘aval par un tapis de réception des déversements. Depuis, son comportement est très satisfaisant. Les villageois augmentent chaque année les zones de culture, mais nous devons être attentifs à leurs ardeurs. Ils imaginent un pompage dans la retenue qui serait sûrement néfaste en employant trop d’eau, privant l’amont de tous les bienfaits actuels. Une surélévation a été envisagée (un mètre) mais n’est pas d’actualité pour Bilou Toguna.


