Résumé de notre voyage au Mali pour Bilou Toguna
(Février/Mars 2006, Dufrenne & Co)
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Dimanche 19 février 2006 Visite du SIDEAU le matin, le premier salon international de l'eau au Mali, à Bamako. Notre hôte Seyba Makanguilé, le promoteur de l'ISA, y participe en tant que membre de l'initiative BAD (Banque Africaine de Développement) pour le programme d'alimentation en eau potable et d'assainissement en milieu rural. L'objectif est d'améliorer le taux de couverture en eau potable en le portant de 62% actuellement à 66% en 2010 et 80% en 2015, et celui de l'assainissement de 3% actuellement à 20% en 2010 et 40% en 2015. 5 pays seront bénéficiaires: Éthiopie, Ghana, Mali, Ouganda et Rwanda. Le premier sous-programme se concentre sur les régions de Kidal et Gao, à l'horizon 2007. |
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Au SIDEAU, Yves se renseigne sur les techniques de forage, et prend les coordonnées d'un entrepreneur (société SGEEM): Jean-Claude BAUVENS SGEEM – BTP Mali Coût de leur puits: 500000 CFA au mètre linéaire.
Nous trouvons aussi le CREPA (Centre régional pour l'eau potable et l'assainissement à faible coût, siège au Burkina), dont l'objectif est de promouvoir l'accès durable à l'eau potable, aux services d'assainissement de base et les changements de comportement en matière d'hygiène.
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Entre autres, le CREPA promeut les latrines ECOSAN qui permettent le retraitement des excréments (coût 125000 CFA ?).
Pour plus d'infos: http://www.reseaucrepa.org/publ/ecosan/ECOSANInfoCREPAN%B001.pdf |
L'après-midi, nous allons à Koulikoro nous rendre compte sur place de l'installation des ordinateurs et des besoins actuels. Bilan: 3 ordis sont déjà en panne, la poussière africaine s'accumule partout, mais sinon cela fonctionne, et plutôt bien ! Une photocopieuse se trouve aussi dans la salle. Sur le tableau, il y a encore trace du dernier cours d'informatique: au menu, saisie d'un texte, centrage du titre, changement de la taille de certains caractères, et d'autres petites opérations de traitement de texte. En bonus, il y a aussi un tableau à saisir avec une formule de calcul à la fin (un élève me montrera la manipulation, tout se fait sous OpenOffice Writer. OpenOffice Calc ne fait pas partie des logiciels utilisés pour l'instant).
Nous comprenons l'impact que ces ordinateurs ont apporté à l'école et à Koulikoro même: la plupart des étudiants n'avaient jamais vu un ordinateur de leur vie auparavant ! Pour l'ISA, c'est un bond en avant extraordinaire, les demandes d'inscription ont augmenté significativement depuis que les gens savent la nouvelle... Les étudiants sont très motivés par leur cours d'informatique, c'est le seul cours auquel il n'y a jamais d'absents, les étudiants arrivent en avance, et ne veulent plus partir à la fin du cours !
Lundi 20 février 2006
Nous partons pour Koulikoro, Yves emmène avec lui de quoi changer les 3 ordis,
une imprimante et un scanner. L'équipe de l'ISA est là : le directeur, Ibrahim
Maïga, la directrice des études Madame Fatoumata Koumaré et le surveillant
Moustaf Diallo.
La climatisation est arrivée et deux ouvriers commencent à l'installer. Yves est plongé dans l'installation de la nouvelle version de Malinux, assisté d'Ablo. Il essaie aussi d'installer l'imprimante. Mais nous sommes en Afrique et rien ne peut être simple: l'imprimante a bien sûr mal supporté le voyage et il faudra à Yves toute sa science pour en venir à bout. Autre coup du sort (à coup sûr, on nous a maraboutisé !), la nouvelle version de Malinux contient 3 bugs et Yves doit les corriger à la main sur chaque machine... Et pour finir, le CD-Rom de certaines machines rend l'âme pendant l'installation du nouveau Malinux, et elles deviennent donc inutilisables ! Bilan de l'opération: les 3 ordis en panne sont réparés mais 3 nouveaux sont en rade. Je réussis à aspirer l'intérieur de quelques ordis, mais la tentative d'impliquer le surveillant et la directrice des études n'est pas très fructueuse. Ils ne semblent pas se sentir investis de la mission “maintenance du parc informatique”, ce qui est normal puisqu'ils ne sont pas payés pour... Nous en parlerons avec Seyba, c'est important pour lui de trouver quelqu'un qui soit responsable de cela, sinon les ordinateurs vont se dégrader très vite.
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Mercredi 22 février 2006 Koulikoro : On arrive en retard à la grande séance d'inauguration... mais les élèves nous accueillent chaleureusement à l'ISA (Institut des Sciences Appliquées) où ont été installés les PC équipés de Malinux. Quelques discours puis échanges au sein des élèves affairés à leur exercice de saisie bureautique. |
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2 ordinateurs sont HS sur les 24. mais ils sont vites réparés avec le stock de PC en rab. La climatisation est opérationnelle, les machines et l'imprimante Laser en reseau aussi. Les élèves sont enchantés, les professeurs doivent même les virer à la fin des cours pour faire rentrer les suivants. Bilou remet les 700€ à Seyba Makanguilé pour la climatisation |
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Les 2 enseignants des cours informatiques sont très contents de Malinux (Un système performant et fiable), mais aussi très demandeurs de formation à Linux, pour le coté maintenance. Mais leur plus grand rêve serait quand même de relier L'école à Internet, ”pour ouvrir les portes du Monde à leurs élèves” |
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Du Jeudi 23 février 2006 au Dimanche 26
De la pirogue, de la pirogue, beaucoup de pirogue! Nous mettons 5 jours pour descendre entre Koulikoro, Ségou, Macina, Séguéla, Mio, Koa, puis Mopti. C'est vraiment un bonheur rare que de savourer la descente du niger dans ces conditions. L'équipe reste quand même bien occupée, et nous n'oublions pas un seul instant que nous sommes en mission Bilou Toguna, et pas là pour s'amuser...
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J'ai enlevé la photo où on joue à la belote pour garder un côté serieux à notre « mission » |
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MIO : Gros village de brousse (+ de 5000 habitants) loin de tout, et qui n'avait rien avant que AD PAKOU construise un dispensaire et une école : 80 élèves par classe, ce qui explique la division en 2 sous-groupes de 40, l'un fréquentant l'école le matin, l'autre, l'après-midi, problème des enfants ne fréquentant l'école qu'une partie de l'année car ils suivent leur famille dont le père est pêcheur et se déplacent en fonction de la décrue du Niger, nécessité de créer une cantine scolaire pour permettre d'accueillir ces enfants tout au long de l'année; visite du dispensaire ; remise de médicaments et de livres au Chef du village. |
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Lundi 27 février 2006 Mopti : Visite du dispensaire (femmes atteintes de fistules obstétricales). Nous achetons 500€ de colliers pour Bilou Toguna, et discutons avec Ibrahima Sankaré, créateur de l'association « Delta survie » qui au sein du dispensaire, intervient sur le volet de la réinsertion sociale et de la lutte contre le rejet, la honte qui entourent cette maladie). Nous remettons aussi l'imprimante et ses cartouches pour l'impression des livrets du micro-crédit à Barra |
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Visite rendue au menuisier chargé de réaliser des fours solaires (problème technique : ceux que nous devions livrer ne sont pas prêts)
En fait ils n'ont qu'un seul prototype en cours de construction. Ils seront donc sans doute en retard pour livrer les 15 fours le 15 mars ! |
Notes prises par Isa sur le fonctionement de Janjigi so (centre d'artisanat des femmes atteintes de fistules):
Dans ce dispensaire, environ 120 femmes par an sont opérées de fistules obstétricales.La durée moyenne du séjour au dispensaire est de 3 mois. (Sept jours de repos suivent l'opération.)
On ignore exactement combien de femmes sont touchées (pas de statistiques fiables), mais il y aurait au moins une femme atteinte par village. Les opérations chirurgicales sont réalisées par Médecins du Monde. L'opération coûte 100 000 F CFA. Ce coût est jusqu'ici financé en totalité par Médecins du Monde, mais ces derniers vont se retirer. Ils ont formé du personnel sur place, cependant reste posée la question du financement des opérations chirurgicales. Doutes même sur l'avenir du dispensaire... Le gouvernement, de même que l'association « Delta survie », créée par M. Ibrahima SANKARE, ingénieur agronome peul, recherchent le moyen d'obtenir des fonds.
Les objectifs de cette association sont :
- d'aider les femmes dans leur future réinsertion sociale. On leur apprend des métiers: confection de colliers, le bogolan (teinture à base d'argile), le tissage de tissu écru (arrêté car le métier à tisser n'est pas indiqué dans leur situation)
- plus largement, de faire en sorte que cette maladie soit moins taboue, moins entourée de honte (Celle-ci conduit au rejet de ces femmes de leur milieu familial. Beaucoup n'osent plus rentrer au
village, une femme même n'arrive plus à quitter le dispensaire où elle vit depuis 13 ans)
Affectation du bénéfice des ventes de colliers (+ quelques tissus) confectionnés par les femmes au dispensaire :
- ventes en France, via l'association Bilou Toguna : financent des infrastructures (bloc opératoire, dortoir, toilettes, jardin)
- ventes sur place : 60 % sont redistribués aux femmes pour répondre à leurs besoins de 1ère nécessité (s'alimenter, se vêtir) ; 40 % sont destinés à des frais collectifs - dont peut-être les frais de
fonctionnement (personnel vendeur...), à vérifier
Mes notes sur Delta Survie:
Cette association s'occuppe surtout des femmes atteintes de fistules et de l'éducation des nomades. Elle fait aussi une sensibilisation à l'excision, demande émanant de l'Ambassade de France et de l'UNICEF, financée par le Fond social de Développement à hauteur de 100 millions de CFA. 64 villages sont impliqués par ce projet, le principe est de permettre aux forgerons de moderniser leur activité, en échange de quoi ils doivent arrêter de pratiquer les excisions sur les fillettes qu'on leur amène. En effet, ce sont les forgerons qui excisent au Mali.
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Voyage en minibus jusqu'au Pays dogon. Arrivée en soirée à Sangha. Rencontre avec d'autres adhérents de Bilou Toguna, de Grenoble (Mathias et David, ingénieurs en hydraulique). Ils sont là depuis 2 jours, et très motivés pour commencer leur mission Bilou. Plus d'infos sur leur site http://www.eauencouleurs.org/article.php3?id_article=101
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Mardi 28 février 2006 A partir de Sangha et de l'auberge de la femme dogon, excursion à pied avec Seydou et son oncle Amatigui Dolo. Visite de villages : Iréli et Amani (la Mare sacrée aux caïmans) Table divinatoire et questions posées aux renards, tellems, fétiches, greniers à grains mâles et femelles, la toguna (case à palabres), l'autel des sacrifices... Bivouac sur le toit à Sangha. Le soir, assaut de vendeurs : nous arrivons à saturation... |
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Mercredi 1er mars 2006 Sangha : Visite de la bibliothèque ; spectacle de danseurs (masques de la femme, des lapins,...) ; Passage au PNUD où nous admirons 3 fours solaires en cours d'utilisation ; Rencontre avec Bari et Bintou, en pleine réunion de mise à disposition des fonds Bilou pour les femmes qui s'occuppent du maraîchage. Bari nous fait remettre officiellement les 200 000 CFA de Bilou aux femmes maraîchères utilisant le micro crédit. Rencontres avec des enfants de l'école de Sangha (Certains, en classe, nous tendent fièrement leur cahier scolaire par la fenêtre ; photos et adresses pour correspondance) |
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Jeudi 2 mars 2006
Ensuite départ pour Djenné, Repas à Bandiagara, où Yves rencontre le président de l'association Dental, Ibrahim Niang dit papa, qui fait des pots de confiture de mangues. L'an passé ils en ont fait 1000 qui se sont vendus très rapidement (à 1500 CFA pièce, pour un coût de fabrication de 500 CFA). Il cherche des fonds pour pouvoir en faire plus. Contact: 684 6966.
Vendredi 3 mars 2006
Ensuite retour a Ségou et Bamako pour les premiers à repartir.
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Dimanche 5 mars 2006 à Ségou pour les finalistes... Puits de Kala école => Visite des 2 puits réalisés par Mamadou Sinayogo et AD PAKOU pour Bilou Toguna : Un puits à l'école de Kala et l'autre à Daga, un marché qui fait la jonction de nombreux villages au bord du fleuve. Les puits sont juste terminés (15 jours avant) mais pas encore couverts et sans zone de propreté. Mamadou nous promet d'envoyer les photos des puits finis dès que possible.
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Les 2 puits sont du même modèle : 1m50 de diamètre avec des buses de 10 cm de large. Le puits de Daga fait environ 10 m de profondeur, celui de Kala plutôt 15 m (à vue de nez). La colonne d'eau est encore très haute à cette période de l'année, mais ils n'excluent pas un sur-creusement en juin. <= Puits de Daga |
Lundi 6 mars 2006 Retour à Bamako
Mardi 6 mars 2006
Et voilà nos dernières heures au Mali... On fonce rendre visite à l'association Aide et Action (juste à côté selon Mamadou) dont Yves a eu les coordonnées par mail. Nous rencontrons une des salariées de l'assoc, française vivant au Mali et mariée à un dogon. Elle nous explique que les actions de l'association, nouvellement installée au Mali depuis 2004, sont principalement de dresser un état des lieux de la situation au Mali dans le domaine de l'éducation. Quelques projets sont déjà lancés (construction d'une école dans la région de Gao à Tassigourouma - coût 30 millions de CFA, dons de livres, cahiers, fournitures à la commune de Dimbal - à Mopti ?, projet de 8 centres d'écoute communautaires à Bamako...). Lors de cette discussion, il s'avère que l'association est à la recherche d'informations sur les communautés bozos et leurs besoins en matière d'éducation. Alors ça pour un coup de chance... Nous présentons le bozo fama (Mamadou) et croisons très fort les doigts pour que son projet d'école à Senenku puisse trouver là le financement qu'il traque depuis 2 ans !
Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à notre voyage humanitaire:
- Patrick, grand vendeur de colliers Bilou et généreux distributeur de bananes
- Isabelle, notre « journaliste » en herbe, grande grenouille de la montagne
- Jean-Jacques, notre toubib local, et grand photographe
- Fina, qui de ses croquis de voyage nous a ravis.
- Cyril, pour son transport de colis et son flegme anglais
- Marion, pour son enthousiasme et ses chants
- Laurent, futur contributeur de notre site web, et maître du flan cosmique
- Tiphaine, pour ses trop nombreux cadeaux, et son grand zen
- Stephane, pour le tutoriel Malinux, et pour avoir supporté Ablo