Village Dogon : Irelli, village typique au pied de la falaise. Les toits pointus sont les greniers à grains, les petits ceux des femmes, les grands, ceux des hommes.
Le pays dogon est un territoire très particulier, au Mali.
C’est en premier lieu le paysage d’une falaise rocheuse impressionnante, étirée sur 250 Km d’est en ouest, 200 à 700m de haut, séparant une très vaste plaine largement étendue ( couleur sable, clairsemée d’arbres épars et de rares parcelles agricoles), d’un plateau ( rocailleux, sans terre, couleur gris et ocre, aux arbres rares). C’est dans cette contrée reculée qu’ont trouvé refuge les Dogons, il y a maintenant 12 siècles (au VIIIe siècle). A l’abri dans des villages, aux architectures remarquables, situés en contrebas ou perchés sur la falaise, craint par les nombreuses ethnies voisines, par les coloniaux, les Dogons possèdent aujourd’hui encore une identité culturelle très forte doublée d’une grande fidélité à leur pays. En atteste la faiblesse de l’exode. Les Dogons ont conservé l’essentiel de leurs rites, de leurs croyances et de leurs coutumes. C’est une société patriarcale et communautaire, gérontocratique, reposant sur le respect très fort des anciens, garants de la communauté et des traditions.
Les Dogons sont agriculteurs.
Ils se placent dans les premiers rangs de la production d’oignons de tout le continent Africain. Grâce aux retenues d’eau sur le plateau, en amenant de la terre à proximité, à même la roche, ils peuvent cultiver en alternance sur l’année mil, oignons et tabac.
Depuis des siècles, ils échangent leurs produits avec les ethnies voisines, elles aussi spécialisées (les Peuls, éleveurs, produisent du lait, les Bozos, pêcheurs, vendent leurs poissons fumés, etc.).

Mais aujourd’hui, les conditions de vie ( peut-on parler de conditions économiques !) sont rendues plus difficiles par un phénomène d’une ampleur inquiétante, bien connu de tout le grand ouest africain : le sahel. C’est l’avancée du désert. Certaines prévisions ne donnent encore au pays que 50 saisons de pluie. L’eau se fait de plus en rare. Le bois aussi ( bois de feu qui sert à cuisiner, bois de construction). Le travail quotidien des femmes en est rendu de plus en plus rude au fil des ans. Durant leur journée, de 05h00 à 21h00, elles pilent le grain 3 fois par jour, font des Km à pied sur le plateau rocheux pour aller chercher de l’eau dans des bassines de 30l qu’elles portent sur la tête, plusieurs fois par jour, vont chercher le bois de plus en plus loin ( 5 à 8 Km), etc. Quant aux risques de famine, ils sont toujours persistants…
1 sac de mil nourrissant une famille de 15 personnes pendant deux semaines vaut 23 € soit 15000FCFA


